La chanson des frères
Hubert et Raquel : 1er juillet 2006 !

Suite à certaines contraintes personnelles de son rédacteur permanent - Pascal Zitroni - , le Site qui Publie (d'habitude) Plus vite que son Ombre s'affiche cette fois avec un cetain retard. L'important reste d'assurer la qualité du commentaire et des illustrations. Nous sommes certains que nos visiteurs ne seront pas déçus sur ce point.

Qu'il me soit permis, exceptionnellement d'émettre un commentaire contradictoire par rapports aux analyses généralement judicieuses de Pascal. Comme lui, j'ai remarqué qu' Yves STEFANI n'avait pas tenu la longueur. Il en déduit en conséquence que, pour une fois le cousin aurait été raisonnable. Mais moi, j'en conclus que dans les précédentes occasions, Yves s'éclipsait et réapparaissait en fin de nuit, donnant ainsi l'illusion d'une aptitude débordante à faire la fête. Cette fois, Yves ne se se serait pas réveillé pour apparaître, frais comme la rose au bout de la nuit. Bien des complexes vont aujourd'hui s'évanouir ! Yves n'est donc pas un sur'homme, et sans tricherie bien des convives ne craindront plus de se mesurer à lui.

Mariage en année paire… gagne !

 

En général, les deux convoleurs ne souhaitent qu'une chose pour leur mariage : que le hasard ne s'occupe de rien. Pour ça, l'année qui le précède est peuplée de questions existentielles : la répartition des tables, le choix des tire-bouchon, à qui je dois dire oui et à qui je dois dire non, la couleur de la robe de mariée… chaque décision vaut une nuit blanche. Un détail négligé et la mariée se retrouve en jupe moulante, les tire-bouchons sont des décapsuleurs, on dit oui au traiteur et non au prêtre, et deux oncles corses qui ne se parlent plus depuis vingt ans (pour une vieille histoire de tire-bouchon) se retrouvent côte à côte pendant le repas. Mais avec un frère aussi maniaque et méticuleux, deux mots qu'il aurait pu inventer, je savais Hubert à l'abri de ces soucis, surtout que Raquel-sa-femme est du genre à laver même quand c'est propre, à penser à tout même quand elle dort. Mais comme le dit le proverbe corse, " qui pense trop oublie le plus gros ", et notre couple franco-portugais se retrouva devant cette ironie du sport, ce pire cauchemar, ce défi aux probabilités : que leur mariage tombe le samedi des matchs Portugal-Angleterre et France-Brésil, quarts de finale de la coupe du monde de football, dans des familles pour qui le football n'est pas, mais alors pas du tout, un sujet tabou

Faire la part des choses (soupir)

Comment l'erreur de casting est-elle arrivée ? Qu'est ce qui a bien pu ne pas leur passer par la tête ? Pensaient-ils qu'on était déjà en 2007 ? Sinon, pourquoi ne pas avoir attendu 2007 ? Ont-ils demandé à Abel de choisir la date ? L'amour rend-il aveugle au point de ne plus pouvoir lire l'Equipe ? Avaient-ils réellement donné leur date avant la FIFA ? La réponse appartient à la légende, toujours était-il que les premières victimes c'était nous, les invités, qui n'avions rien vu venir et qui avions déja dit oui sans vérifier. Que ça nous serve de lecon, en cas de mariage dans quatre ans (ou huit ou douze), ce sera non direct ! 

Ce fut quand meme un soulagement le samedi du match… euh du mariage, de ne constater aucun forfait, malgré quelques appels téléphoniques anonymes de protestation (Eric, on t'a reconnu). Oh, c'est vrai, le standard d'Orbec a explosé du mercredi au samedi, et jamais la famille ne s'est autant inquietée du sort de la vieille télé d'Herponcey. Beaucoup se sont aussi demandés, au fait, quelle était la taille de la pièce où se trouve cette télé, et à quelle heure exactement on allait manger, et si on connaissait les écrans géants, qu'il y en avait des très bien, très discrets, que justement ils en avaient un, que non ça ne les gênait pas de l'amener... En tout cas, c'est très heureux mais la machoire un peu serrée, le costume par dessus le maillot et la télécommande dans la poche, que nous avons pu lancer le week-end de la mort, ou de la vie, à Orbec, portugais et francais sous les mêmes couleurs, le noir et blanc d'Hubert et Raquel. Oui, car n'oublions pas que c'est avant tout leur week-end. Et celui de la coupe du monde, bien sûr.

 

Un but, un cierge. Un cierge, un but.

Pour commencer la journée, rien de tel qu'une bonne mairie. Les mariés ont pu dire le premier de leurs deux oui, devant non pas monsieur le maire, mais madame notre mère. Pour limiter les risques, parce que des fois tu tombes sur un maire tatillon et il te refuse le mariage, tu sais pas pourquoi mais ça fout tout en l'air. Donc, là, comme ma mère (et celle d'hubert) avait les clefs, elle a ouvert les portes, mis le ruban autour du cou, et hop c'etait réglé. Deuxième épisode officiel, la messe, où là c'est un vrai père qui a officié, parce qu'on peut pas rigoler partout. On a fait un peu de rab de prière pour nos équipes, et on a même retrouvé une écharpe rouge et verte autour d'un cierge. J'ai aussi surpris un frère à transformer un " allez lujah " en " allez les bleus ". Hubert et Raquel ont échangé les fanions… euh les alliances, ils se sont serrés la main… euh ils se sont embrassés, et ils ont signé les autographes… euh pardon les registres. Vraiment, c'est troublant la ressemblance. Et sous une ovation du public, là on peut le dire, Hubert, qu'Orbec n'avait jamais vu habillé comme ça, présentait à tous une nouvelle madame Stefani. Encore une !

 

Sortie de messe : 0-0

Mais sur le parvis de l'Eglise, il y avait comme un bruit. C'etait les cœurs des portugais qui battaient ensemble un peu fort et un peu vite : leur match avait commencé depuis environ l'échange des alliances. Le cortège prit vite la route d'Herponcey au son des commentateurs radios, mais il aurait fallu beaucoup plus que ces 35 kilomètres pour que le Portugal ne marque un but… A l'arrivée, les coupes étaient pleines et la télé allumée : la famille de Raquel opta pour l'option petit four-champagne-foot (cherchez l'intrus), dont ils ont du abuser jusqu'aux penaltys. Suspens pour tout un pays, mais aussi pour tout un mariage, dont l'ambiance ne pouvait survivre à une défaite dans l'un des deux matchs. On s'est joints à la rigolade, avec tout le respect que l'on devait à des gens qui avaient l'impression de jouer leur vie, pour partager leur victoire sans rester calme. Raquel rentrait en transe, brandissant une écharpe du pays, et criant " Oui ! " pour la troisième fois de la journée. Un pays qualifié, la moitié du mariage était réussie !

Plateau télé

20h45, on fait moins les malins. Là, on ne peut plus reculer, il faut répondre à la fatidique question : comment je vais me démerder ? Comment regarder le match en restant poli ? Et au début, il y avait tellement de monde sous la tente qu'on se disait, incroyable mais vrai, que personne ne le regardait, ce match ! Pour en avoir le cœur net, et seulement pour cette raison, je suis allé vérifier dans la salle télé. Et là on se demandait comment il pouvait rester du monde à table : elle était pleine comme une boîte à sardines. Je donnerai pas les noms des sardines, à part Eric, mais y avait le gratin de la famille, même des adultes respectables et tout. J'en défie pas mal de donner le menu du repas ! Féliciations aux parents, aux témoins et à Hubert de ne pas avoir craqué. Pour les frères du marié, c'est pas pareil, y a rien qui dit que c'est interdit. En tout cas, Charles a vraiment trouvé que c'était un beau match. Pour la deuxième mi-temps, ça n'a fait qu'empirer, et c'est comme si on avait rajouté dans la boîte à sardines le contenu d'une autre boîte. Des contorsionnistes se sont révélés, des pyramides se sont élevées, les plus vieux ont avancé leur âge avancé pour s'avancer, qu'importe la position pourvu qu'on ait la vision ! Un cri à faire trembler la balastière récompensa le but francais, et jusqu'à la fin l'habit ne fit pas les moines, car tous ces costumes-cravates avaient l'air de primates en meute, se rapprochant petit à petit de l'écran comme pour embrasser les joueurs. De l'extérieur ça devait faire un peu peur, mais de l'intérieur, qu'est ce que c'était bon ! Après s'être tous roulés en boule, alors que certains suggéraient d'aller fêter ça en ville, un éclair de lucidite (rapide) nous rappela qu'un mariage nous attendait à 100 mètres de là.

Les bras en V, imitant le coq (Jean-Marc le fait super bien), entonnant des " quand le mariage se met à chanter, c'est toute la tente qui va s'enflammer ", nous avons rejoint en toute discretion les mariés et les femmes. On pouvait reprendre une activité normale, mais on savait que la vie ne serait plus jamais pareille. D'ailleurs dans l'euphorie, notre père Louis s'est fendu d'un discours bien poilant, lui qui d'habitude ne parle qu'aux arbres en public; quand on a fait chanter Juliette, c'était joli ; les portugais nous souhaitaient bonne chance pour le France-Portugal à venir, et vice-versa ; Yves était plutot sobre : cette tente, c'était la cour des miracles ! La suite, c'est une nouvelle victoire, sur la nuit cette fois, pour une soirée qui en a fait courir plus d'un l'équivalent de deux matchs. A noter l'abattage de nombreux papys, ou futurs, qui ont fait de la résistance jusqu'à pas mal d'heures du matin. Et la paupière d'or revient à papa Louis qui s'offre une nuit blanche digne de ses vingt ans (mai 68 etc. )

 

 

 

La Mission pas possible du dimanche

Après le samedi, c'est le dimanche. Et grâce à Almor, le père de Raquel, la transition entre les deux jours fut assurée à la minute près. Car au moment où les derniers titubeurs quittaient le pas lourd la piste de danse, certains que la nuit ne reviendrait pas de sitôt, Almor fermait la portière de sa voiture. Il était 6 heures, et il menait une délégation en mission très spéciale : partir à Paris, chercher une dizaine de cochons de lait, préparer des beignets de morue pour 150 personnes, regarder télé-foot et revenir afin d'être prêt à 13 heures pétantes pour le déjeuner. Sauf que la mission n'était pas, contrairement aux cochons, du tout cuit, mais plutôt impossible, un peu comme… comment dire… que le Portugal batte la France en football. Almor arrivera avec deux heures de retard, certes, presque à la tombée de la nuit, certes, mais avec tous les animaux promis, morts mais exquis. Un mal pour un bien, ce contretemps, qui a permis aux just-married de nous occuper avec ce qu'ils savent faire le mieux : un concert pour Raquel et un foot pour Hubert, et heureusement pas le contraire, qui nous aurait proposé ce qu'ils font de pire. A noter que si le concert ne creva aucun tympa, le foot marqua sûrement la fin de carrière d'Eric, qui se tourna la cheville une fois de trop sur une tentative de simulation. Une plaque commémorative en plâtre a été déposée sur le trou.

 

L'amour avant tout

Que d'émotions en deux jours, et c'est avec l'impression d'avoir passé deux semaines de vacances que chacun a pris le chemin du chez soi. Avec un peu de recul -deux pas en arrière suffisent- nos mariés de la coupe de du monde peuvent sourir béatement en se disant que le scenario fut parfait du début à la fin, que même Hitchcock il aurait hésité à le filmer tellement ça paraissait pas faisable, surtout l'histoire des cochons le dimanche. Mais, surtout, en maintenant leur mariage malgré l'évenement planétaire qui leur faisait concurrence, Hubert et Raquel nous ont appris une chose qui nous guidera pour toujours :
il n'y a pas que le foot dans la vie. Même si c'est mieux quand on gagne.

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