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Mariage à l'île d'Yeu (12 septembre 1998).

C'était une belle idée, un mariage à l'île d'Yeu en septembre, lorsque le flux des touristes laisse la place aux habitants traditionnels et aux familles qui, par le nombre d'étés passés, y ont presques acquis la qualité de résidents associés.

Jacques et Sabine n'ont donc pas hésité, pour les noces de Laetitia, à convier en cette terre, tous leurs cousins continentaux.

La fête était bien préparée, chaque convive ayant reçu avant l'été abondance d'informations lui permettant d'organiser son déplacement. Rien ne lui laissait supputer toutefois qu'une simple traversée pouvait se transformer en périple animé.

Car, en Atlantique comme ailleurs, les marées - à l'approche de l'équinoxe - chatouillent l'océan et savent lui donner des humeurs rebelles. Cette fois, la colère était sérieuse et les flots paraissaient décidés à témoigner de l'ardeur soudaine qui sait les agiter.

Bref, la traversée entre Fromentine et Port Joinville fut tourmentée. L'embarquation de taille relativement modeste, qui tente régulièrement la traversée, recevait par la droite les paquets de mer, réussissait à se hisser au haut de la lame, avant de glisser au creux de la vague tout en s'appuyant par la gauche, grâce à l'inclinaison du bateau, sur le flan de la déferlante.

A bord, les comportements qui, au départ paraissaient plutôt sereins, connaissaient des évolutions diverses, les uns sombraient dans le mal de mer, d'autres laissaient transparaître leurs inquiétudes, tandis que certains réussissaient à masquer leurs préoccupations.

On s'en doute, le débarquement était attendu par ceux qui, parvenus plus tôt et sans trop de peine dans l'île, ne voulaient pas manquer le spectacle de leurs cousins reprenant pied, d'une démarche déséquilibrée, sur un sol dont l'étrange fixité contrastait avec le balancement auquel les passagers avaient fini par s'habituer.

Sur place, les esprits enfin retrouvés, il fallu bien s'organiser : pas question de se déplacer à pieds ou en vélos, par les temps qui courent, les bourrasques de vent étant accompagnées le plus généralement de giboulées de pluies bien trempées.

On fut bien content de constater qu'il était possible de louer des carcasses bachées et équipées d'un moteur. C'est merveilleux : ces carcasses permettent de se déplacer à condition d'accepter de recevoir sur la tête, en fermant ce qui sert de porte, l'eau de pluie accumulée dans les poches de la bâche.

Dans ces conditions, et comme l'île reste à dimension humaine, il fût finalement assez commode de se déplacer d'un cousin îlien à un autre cousin îlien, du lieu de résidence à l'église (mais dans quel état !), de l'église à la propriété de Jacques STEFANI où se tenait la réception.

Ouf ! La soirée, après coktail, est suffisamment abritée pour ne pas donner lieu à des péripéties extraordinaires. Alors les intempéries sont oubliées, et la fête reprend tous ses droits.

C'est le lendemain, dès le réveil bercé par le souffle de la tempête, que les angoisses se raniment. Déjà quelques uns veulent rentrer, par le premier bateau à condition qu'il soit d'une taille suffisamment imposante pour donner l'impression de savoir affronter les éléments.

Mais le port est désert. Petits ou grands, les navires restent à quai et la météo annonce que le vent ne veut pas molir. On prévoit que les passages pour le continent ne reprendront pas ce Dimanche. Seuls les convives qui ont un billet sur le dernier bateau du soir, le plus grand, espèrent regagner leur domicile, en craignant d'être secoués.

Secoués ? Certains ne veulent même plus en entendre parler. Ils jurent, mais un peu tard qu'on ne les y prendra plus. Pour eux, le sourire reviendra pourtant bientôt. Est-ce un effet du temps qui semble s'éclaircir, bien que le vent refuse de faiblir ? Est-ce le visage de l'île d'Yeu qui, avec quelques rayons, devient enfin séduisant ? Non, c'est qu'ils ont trouvé un transport de substitution, qui ne nage pas, mais qui vole. C'est alors la ruée vers l'agence qui propose des traversées en hélicoptère. Dès que la réservation est confirmée, la délivrance transparait chez les heureux détenteurs du titre de rapatriement.

Ils affichent désormais leur bonne humeur, à l'occasion du sympathique déjeuner de crise qui se tient encore chez Jacques STEFANI, .... Jacques STEFANI qui d'ailleurs prend les choses en mains. Contre vents et marées, il tentera avec les autorités de trouver une solution prioritaire pour les quelques personnes en rade pourvu qu'elles puissent justifier d'impératifs majeurs.

Mais, à quelques exception près les plus pressés ont leur billet pour l'hélicoptère, et la bonne humeur devient contagieuse. Au fond, si on pouvait être bloqués une journée ....

L'après midi, le retour du beau temps se confirme, la mer encore agitée est magnifique. On profite sans arrière-pensées des quelques heures encore programmées sur l'île.

Puis à l'heure prévue du retour chacun se retrouve sur le quai. Partira ? Partira pas ? Ils partiront ! En franchissant les passerelles menant aux frêles vedettes, les craintes le disputent encore à la satisfaction. Quelle traversée allons nous affronter ? Finalement ce ne sera qu'un parcours par gros temps, bien supporté par les uns et les autres quelle que soit la dose de calmants qu'ils aient ou non ingurgitée.

Alors si certains ont pris la résolution de ne plus poser le pied sur cette île trop lointaine puisqu'il faut y aller en bateau, d'autres sont bien décidés à y revenir sans tarder, quitte à devoir affronter une nouvelle fois les éléments hostiles.

 

 

                                               

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J-Marc STEFANI
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Date de dernière mise à jour : 25/10/98